For Africa est un média indépendant dédié à l’analyse et au décryptage des grands enjeux du continent africain.

Contact rapide :

Flash info

For Africa est un média indépendant dédié à l’analyse et au décryptage des grands enjeux du continent africain.

Contact rapide :

For AfricaBlogDiplomatieBelgique : perquisitions chez des proches de Félix Tshisekedi, Kinshasa gèle ses contacts avec l’ambassade
Belgique : perquisitions chez des proches de Félix Tshisekedi, Kinshasa gèle ses contacts avec l'ambassade

Belgique : perquisitions chez des proches de Félix Tshisekedi, Kinshasa gèle ses contacts avec l’ambassade

La justice belge a perquisitionné, mercredi 14 octobre 2026, plusieurs résidences liées à des proches du président congolais Félix Tshisekedi, dans le cadre d’une instruction pour blanchiment d’argent. Dès le lendemain, la présidence de la RDC a suspendu tout contact de son cabinet avec l’ambassade de Belgique à Kinshasa.

Des perquisitions simultanées à Bruxelles et dans les deux Brabants

Les opérations ont été menées tôt dans la matinée du mercredi 14 octobre, de manière simultanée, à Bruxelles ainsi que dans plusieurs communes du Brabant flamand et du Brabant wallon. Le parquet fédéral belge a confirmé ces perquisitions, menées dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte à sa demande pour des faits présumés de blanchiment.

Le parquet n’a communiqué ni l’identité des personnes visées, ni le nombre exact d’adresses perquisitionnées, ni d’éventuelles saisies. Il indique qu’aucune information supplémentaire ne sera donnée afin de préserver le secret de l’instruction et la présomption d’innocence. Selon les avocats à l’origine de la procédure, le chef de l’État lui-même n’est pas visé par la plainte.

Des plaintes déposées en juillet 2025 autour des mines du Katanga

L’enquête fait suite à des plaintes déposées en juillet 2025 par les avocats Bernard et Brieuc Maingain, au nom de plusieurs ONG du Katanga et de quatre anciens directeurs de la Gécamines, l’entreprise minière publique congolaise. Selon les médias belges, la plainte initiale cite neuf membres de l’entourage familial du président.

Les plaignants dénoncent un pillage présumé des ressources minières des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Ils évoquent notamment des contrats de sous-traitance lucratifs sur des résidus miniers, et des terrils qui auraient été attribués à des proches pour un prix symbolique. Ces accusations n’ont pas, à ce stade, été établies par la justice.

La compétence des juridictions belges repose sur la nationalité belge de certaines personnes concernées : la loi belge permet de poursuivre ses ressortissants pour corruption ou blanchiment, y compris pour des faits commis à l’étranger. Interrogé par actualite.cd, Me Bernard Maingain, tenu au secret professionnel, qualifie le dossier d’« affaire d’État » et affirme détenir des témoignages et des documents qu’il compte soumettre à la justice.

Kinshasa coupe les ponts avec l’ambassade de Belgique

Aucune réaction officielle de la présidence ou du gouvernement congolais n’avait été publiée sur les perquisitions elles-mêmes. Mais le jeudi 15 octobre, le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, a signé une note circulaire suspendant « jusqu’à nouvel ordre » tout contact direct ou indirect entre les membres du cabinet présidentiel et l’ambassade de Belgique à Kinshasa.

La mesure concerne les directeurs de cabinet adjoints, les conseillers spéciaux, les coordonnateurs des services spécialisés et les responsables de l’Office privé du chef de l’État. Toute démarche jugée nécessaire devra désormais être autorisée au préalable et passer exclusivement par le ministère des Affaires étrangères. Tout manquement expose son auteur à des sanctions. La note ne mentionne pas explicitement les perquisitions, mais elle intervient au lendemain de celles-ci.

Une première étape judiciaire, un nouveau test diplomatique

Ces perquisitions constituent le premier acte concret de la justice belge, plus d’un an après le dépôt des plaintes. Elles ne préjugent en rien de la culpabilité des personnes concernées, qui restent présumées innocentes, et aucune inculpation n’a été annoncée.

L’affaire intervient dans un contexte déjà sensible entre Kinshasa et Bruxelles, ancienne puissance coloniale et partenaire historique de la RDC. Elle relance aussi le débat sur la gouvernance du secteur minier katangais, cœur de l’économie congolaise. La suite dépendra de l’avancement de l’instruction, dont le parquet fédéral a choisi de ne rien dévoiler pour le moment.

Tags:
Partager :

Article similaire