
Incendies de forêt : Abdelmadjid Tebboune veut appliquer la peine de mort contre les pyromanes
Face à la vague d’incendies meurtriers qui ravage le nord-est du pays, le président algérien a ordonné une révision urgente du Code pénal. L’objectif est de réintroduire l’exécution capitale pour les auteurs d’incendies volontaires, rompant ainsi avec le moratoire sur la peine de mort en vigueur depuis 1993.
Une ligne dure face à la tragédie. À la suite des incendies dévastateurs qui ont frappé le nord-est de l’Algérie à la fin du mois d’août, le président Abdelmadjid Tebboune a présidé une réunion de crise avec les hauts responsables civils et militaires du pays. À l’issue de cette rencontre, le chef de l’État a ordonné une modification expresse du Code pénal d’ici le 15 septembre afin d’y réintroduire l’application effective de la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de feux de forêt volontaires.
« Celui qui pense que la loi ne sera pas appliquée doit savoir que la société et la justice lui demanderont des comptes », a martelé le président algérien, affirmant que la rigueur maximale de la loi serait désormais opposée à toute personne tentant d’attenter à la sécurité nationale ou à la vie des citoyens par le feu.
Vers la fin du moratoire sur la peine capitale ?
Bien que la peine de mort figure toujours dans l’arsenal juridique algérien, le pays observe un moratoire strict sur les exécutions depuis 1993. Si la justice prononce encore régulièrement des condamnations à la peine capitale notamment dans des affaires de terrorisme, celles-ci sont systématiquement commuées en peines de prison à perpétuité.
L’annonce d’une réapplication concrète des exécutions pour les actes de pyromanie constitue un virage juridique majeur. Pour le pouvoir central, il s’agit d’envoyer un signal de dissuasion radical alors que la thèse d’actes criminels et d’incendies volontaires est régulièrement avancée par les autorités lors des vagues de chaleur estivales.
Une opinion divisée face aux feux à répétition
Cette décision intervient dans un climat de vive émotion et de tension au sein de la population. L’Algérie est de nouveau confrontée au spectre des dramatiques incendies de l’été 2021 en Kabylie, qui avaient coûté la vie à plus de 90 personnes.
Sur le terrain, la récurrence des sinistres et l’ampleur des dégâts humains et matériels ravivent les débats sur l’efficacité de la chaîne de prévention, les capacités d’intervention de la Protection civile et la gestion des moyens aériens anti-incendie. Alors que plusieurs suspects ont déjà été interpellés dans le cadre des enquêtes en cours, la promesse de sanctions capitales vise à rassurer l’opinion, mais suscite également des interrogations au sein des juristes et des organisations de défense des droits humains quant à l’effectivité d’un tel retour des exécutions.
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La rédaction
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