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RDC : La sortie de silence de Joseph Kabila, déclaration de guerre politique ou réquisitoire pour l'histoire ?

La sortie de silence de Joseph Kabila, déclaration de guerre politique ou réquisitoire pour l’histoire ?

La rupture consommée d’un ancien président

Près d’un an et demi après son adresse du 23 mai 2025, Joseph Kabila rompt de nouveau le silence et pilonne le pouvoir de Félix Tshisekedi. Dans une adresse vidéo au vitriol, l’ancien président dresse un acte d’accusation sans concession, entérinant une rupture irréversible. Face à ce qu’il qualifie de dérive autoritaire menaçant l’existence même de la nation, cette prise de parole franchit un cap : s’agit-il d’un ultime rappel à l’ordre institutionnel ou d’une déclaration de guerre politique avant l’implosion du pays ?

La légitimation du bilan : l’argument de la stabilité et du legs territorial

Pour fonder son offensive, Joseph Kabila oppose la déliquescence du pays à son arrivée en janvier 2001 au bilan légué lors de la passation de pouvoir du 24 janvier 2019. Il rappelle avoir transmis un Congo réunifié dans ses frontières du 30 juin 1960, débarrassé du fardeau de la dette et doté d’une constitution progressiste. Mettant en avant la modernisation de l’armée républicaine et le financement sur fonds propres du troisième cycle électoral, l’ancien chef d’État cherche à légitimer son héritage face aux attaques du régime actuel.

Le réquisitoire contre la gouvernance Tshisekedi : autoritarisme, dette et révision constitutionnelle

Qualifiant le régime actuel de tyrannie et le comparant à Ivan le Terrible, Joseph Kabila dénonce la gestion patrimoniale de l’État, le tribalisme et la dérive de corps constitués cédant au culte de la personnalité. S’appuyant sur les indices mondiaux de gouvernance de la Banque mondiale pour étayer ses accusations de corruption, il pointe l’explosion de la dette publique à plus de 18 milliards de dollars. Il vilipende l’accord minier avec Washington, raillant l’illusion du pouvoir d’y trouver un soutien inconditionnel tout en ignorant le principe de continuité de l’État face à la pérennité des régimes. Sur le plan humain, Kabila dénonce la séquestration d’opposants et d’officiers militaires — généraux, supérieurs et subalternes —, morts en prison faute de soins. Enfin, la tentative de révision constitutionnelle est perçue comme une rupture consommée du pacte républicain de Sun City.

L’impasse sécuritaire et le rejet du dialogue : une trajectoire vers l’implosion

Sur le terrain sécuritaire, Joseph Kabila accuse le pouvoir d’entretenir une guerre qu’il ne cherche pas à gagner, citant le non-respect des cessez-le-feu, les bombardements de civils et les collaborations maintenues avec les milices Wazalendo, les FDLR et d’autres groupes armés étrangers. Il fustige le rejet méprisant de toutes les médiations régionales (EAC, SADEC, CEEAC, UA) et locales (Cenco/ECC). Constatant que sa « thérapie de choc en 12 points » proposée en mai 2025 a été superbement ignorée, il affirme que le régime recherche la soumission plutôt que le dialogue.

Les répercussions politiques et l’appel à la prise en charge nationale

Soutenant qu’il n’y a plus rien à attendre d’un pouvoir accusé d’avoir trahi le peuple, Joseph Kabila lance un appel solennel aux citoyens pour qu’ils « se prennent en charge » afin de sauver la République. En annonçant de nouvelles prises de position dans les heures, jours et semaines à venir, l’ancien président ouvre une séquence d’instabilité majeure. Cette offensive politique directe résonne comme un signal d’alarme susceptible d’ébranler l’équilibre sécuritaire de la RDC et de redessiner profondément les alliances géopolitiques dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

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